Le "2-4" (rue des rosiers) est un local de plus de 1000m2, situé dans le centre-bourg de Pré-en-Pail, dans lequel les associations du Secours Populaire et de Payaso Loco souhaitent se retrouver autour d'un projet associatif commun.

Au programme, un nouveau pôle d’associations d’éducation populaire, qui partagent une action quotidienne de proximité et travaillent au maintien et/ou à la création du lien social entre les habitants, en favorisant l’échange entre les générations, les cultures, les genres, ...

lundi 19 janvier 2015

Samedi 24 janvier, c'est à la médiathèque de Pep que nous nous sommes retrouvés...



Les participants à l'atelier d'écriture, réunis ce samedi matin là à la médiathèque de Pré-en-Pail, ont d'abord été invités par l'écrivain Wilfried N'Sondé à constituer une liste de mots collective autour de ce qu'évoquait pour eu la notion d'"habitat".

Chacun, accompagné à l'envie du regard discret, averti et bienveillant de Wilfried, a ensuite produit un texte, sous la forme de son choix, intégrant la totalité (ou presque, les règles sont parfois faites pour être transgressées) de ces mots partagés.
Voici les mots "contraintes" auxquels chacun a du s'attaquer: Foyer – cité – trottoir – champ - vieilles pierres -  forêt – route – ruelle -  tomette -  frontière – vitrine -  abandon -  haie -  trafic -  église

Après les avoir partagés à haute voix -non sans une certaine émotion- à la fin de l'atelier, l'ensemble des participants a accepté que soient diffusés ces écrits, qui, partis du même endroit, s'en vont chacun voguer vers des lieux, des styles et des imaginaires différents. 
Comme autant de façons d'"habiter là".

Les voici.

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La médiathèque de Pré-en-Pail.
D’ici, j’aperçois le clocher de l’Eglise au milieu d’un grand ciel bleu. Je me réveille un peu et j’imagine :
La journée va être plutôt chouette.
Je pense aller voir mes parents qui habitent pas très loin en campagne. J’ai grandi ici et même éloigné des images restent inscrites en moi. Paysages, bâtiments, haies, arbres et petits tas de pierres, vestiges de maisons abandonnées où je chassais les souris, enfant. Une chouette me surprît même une fois. Je pense prendre une carte de pêche cette année : découvrir un cours d’eau, marcher à contre-courant et deviner où se trouve le poisson sont des sensations superbes.
Tout à l’heure en descendant la rue le long de la N12, je repenserai peut-être à ce qu’a dit mon beau-frère hier soir. Pour lui, pas de centre-ville à Pré-en-Pail.
Je ne sais pas s’il a raison ou pas, en tout cas il y a de la vie. Tu peux même te prendre une caresse par un gilet bougeant au gré du vent devant la mercerie.
Je croiserai sûrement beaucoup de têtes familières aujourd’hui plus que là où j’habite depuis quatre ans.
Il fait beau !
[Jérémie]


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Mon foyer est situé dans une cité ouvrière bordée d’une forêt privée et de champs où paissent de belles normandes.
L’unique usine, près de la route principale, a installé ses locaux dans l’ancienne abbaye du village.
Pour garder le cachet typique de cette bâtisse ancienne, le propriétaire des lieux avait fait construire des maisons en pierres apparentes, toutes identiques, afin d’y loger ses ouvriers.
L’ancienne église sert maintenant d’étable pour un agriculteur installé dans le bourg du village, mais afin d’avoir un lieu de culte pour les habitants, une petite chapelle a été construite au bord de l’étang près d’un petit bois.
Quelques ruelles nous amènent près de jardins familiaux entretenus par les villageois, où des fleurs et des légumes se mélangent pour le plaisir des yeux.
Très peu de magasins animent le quartier mais les vitrines et les terrasses sont toujours très colorées et attrayantes ce qui attire les touristes venant chercher le calme et la verdure dans cette petite cité de caractère.
Aucun trafic ne vient perturber la quiétude des villageois où chacun reste chez soi.
Dans quelques mois une petite épicerie ouvrira ses portes dans un local abandonné par l’ancien tapissier. Des rénovations seront faites pour rendre l’accueil attractif mais le sol en tomette sera gardé pour garder une certaine harmonie (...)
[Dominique]

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Je range machinalement mon bleu de travail dans l’armoire métallique.
J’émerge lentement d’un rêve éveillé, encore hagard. En sortant de l’usine, l’air flottant sur mon visage me rappelle à la vie.
Je m‘installe au volant et quitte doucement le parking.
Je traverse la zone industrielle déserte qui semble à l’abandon. Je prends la petite route par derrière que j’aime bien ; je sais que j’y retrouverai la maison abandonnée en vieilles pierres.
Je traverse plusieurs cités décrépites.
Mon retour est rythmé par ces petites stations quotidiennes.
Ce raccourci effectué, la ville se dessine déjà avec ses vitrines éclairées. Le trafic est encore calme. Sur les trottoirs les gens commencent à s’affairer. Les premiers clients des boulangeries achètent leur pain et les chauffeurs routiers prennent leur café dans les bars disséminés autour du grand carrefour.
Finalement travailler de nuit me propose une certaine joie et un apaisement. Tout me semble être filtré.
Je quitte doucement une rocade pour prendre ma sortie.
Ici les cités piteuses font place aux pavillons plus récents. Après un quart d’heure de la route je sais que j’aurai franchi la frontière, avec cette grande maison sur la gauche, pratiquement en haut de la côte.
Je redescendrai vers ma vallée en traversant ma forêt, si près et si loin de la ville. Au détour du virage en bas, j’apercevrai le clocher se dessinant dans le jour qui se lève. Les haies dessineront le paysage et le jour surprendra le bétail dans les champs.
Alors je sais que je retrouverai mon foyer où silencieusement et heureux je boirai mon café sur la petite table basse bancale, posée sur les tomettes de la cuisine.
[Gabriel]

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J’habite en cité, un groupe de maisons blanches agrémentées de leurs vilains volets roulants, longé par une route où un trafic de camions et de voitures est assez dense. Villaines La Juhel est un centre d’usines et de travail, ce qui donne une vie animée.
Nous voyons la forêt, entourée de haies bocagères, de champs cultivés. En ce moment les champs blanchissent sur les Avaloirs. « Où j’habite me plaît. »
Toutes ces anciennes vitrines fermées dans la ville de Pré-en-Pail me désolent, l’abandon se fait ressentir. Je préfère me promener dans les petites ruelles typiques, leurs vieilles pierres en harmonie avec le style de l’église.
[]

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Dans ma vie, je jongle entre deux foyers. L’un à Saint-Calais, semble entouré de champs, de haies et de larges ruelles. L’autre est à Pré-en-Pail : une vieille bâtisse datant du Moyen-Age. Dedans, il y a encore les tomettes de l’époque. Cette maison semble entourée d’une forêt dans laquelle on fait de longues balades, en été, sur les chemins escarpés. La première fait partie d’une cité, construite il y a peu de temps. La seconde, autrefois à l’abandon, a été construite avec de vieilles pierres. La première se situe dans un village très calme où les trottoirs sont souvent vides. L’autre, est dans une ville où les routes sont bondées de trafic, et où les vitrines sont riches de nombreuses choses. Le seul point commun de ces endroits si différents, ce serait leurs magnifiques églises et leurs vitraux colorés.
[Marie]

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A l’abri des regards
A l’abri d’une haie

Au soleil d’hiver
Au matin

En bas des champs, la brume
L’église dépasse à peine
un bout de clocher.

Là, l’ancienne cité,
ramassée dans ses vieilles pierres,
ses ruelles humides,
ses vitrines à l’abandon.

Il connaît tout ça.

Tant de fois parcouru ses trottoirs
à la faveur de la nuit,
du trafic des camions.

Tant de fois venu et reparti
par toutes les routes
à travers les grandes forêts
qui veillent sur les hommes dans un grand silence.

Gardiennes du foyer,
frontières du monde.
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Ici
Les trottoirs s’évanouissent en plein champ
Les routes plongent en forêt

Vieilles pierres à l’abandon
Foyers cernés de haies
Cité de ruelles

Les vitrines frémissent au passage des camions
Seule l’église observe ce trafic incessant
Sans frontières.

[Matthieu]

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D’ici, je ne vois pas grand chose. Rideaux tirés. Rez-de-chaussée. Personne. On croit qu’il n’y a personne. Personne. Rue vide. Village vide. Maison vide. Tout, sauf la route. La route. Trafic, flux, entaille, goudron qui scie la ville en deux. Nationale, cicatrice, nous lie, nous relie, nous éloigne. Et nous ramène toujours. Enfin pas tous. Au bout de la rue, la route. Camions lourds écrasent l’asphalte. Ça gronde, ça tremble, ça vibre jusque là. Nous aussi. S’habiller. Ouvrir. Sortir. Longer les façades défraichies. Trottoirs humides. Traverser la route. Parcourir les ruelles. Vieilles pierres. Plus loin les pavillons étalés, parsemés, jetés là par hasard ? Soit disant. Droit de cités. Plus loin champs, haies, forêts. Peu importe. Campagne. Et alors. On compte les vitrines vides, on imagine les grandes baraques quand elles vivaient encore : chaleur du foyer, odeur de l’huile de lin sur tommettes jaunes, rouges, roses. Cloches sonnaient. Foule remontait le bourg. Fini. Passé, mort sans y penser. « Hey ! Hey ! ». Ils hurlent. Tête baissée, démarche molle, épaules alourdies par la brume, j’ignore. Je reconnais les voix mais c’est un jour timide. Sombre. Gris. Bleu. Sans envie. J’entends courir et j’ai peur. J’entends rire et je tressaille. On arrive. On galope vers moi dans le sens de la pente. Élan. Filles, garçons. Ils parlent comme ils chantent, ils m’attrapent, ils m’agrippent, ils m’emmènent... Le jour se lève ; je lève la tête. Bistrot. Café serré. Ironie et bonhommie. Frontière. Mon quotidien vient d’arriver.
[bénédicte]







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